
Lettre de Démission
C'est avec le plus grand regret que je déclare ma démission du Parti Démocratique Progressiste, auquel j'ai adhéré depuis 2006 et au sein du quel j'ai milité contre la dictature et pour la liberté, la démocratique et l'égalité sociale, en tant que militant de base refusant tout poste ou responsabilité politique: au sein duquel je ai fais la connaissance de militants que je suis encore fier de faire leur connaissance et leur camaraderie, et où j'ai fais une expérience qui m'a enrichie et dont je suis fier de porter les fruits.
Mais aujourd'hui je me retrouve à un carrefour où ne peuvent concorder mes engagements politiques qui m'obligent à défendre les positions du parti et les adopter et mes propres opinions. Je ne peux, donc, défendre les positions du parti ni agir sur elles et les influencer.
A cette discordance s'ajoute une autre, celle entre mon engagement politique et mon devoir journalistique qui m'oblige de garder une distance avec tout parti politique et surtout ceux gouvernementaux.
Il était acceptable sous la dictature que le militantisme politique et celui journalistique se rejoignent en raison de l'intersection des objectifs et des cibles, ainsi que le besoin d'engager toutes les forces possibles contre le système politique corrompu. Cette intersection est aujourd'hui impossible, voir aussi inacceptable, vu que depuis le commencement j'ai choisi d'être aux cotés du peuple et être sa voix et non celle d'un gouvernement qui que ce soit.
Malgré l'amertume qui me remplit en prenant cette décision que je garde pour moi ses motifs – sauf celles déclarées dans cette lettre – par respect à une expérience dont je suis fier au sein du PDP, et malgré ma conscience de l'impact de cette démission sur mes chers camarades, je les assure que notre expérience commune est loin d'être terminée, et que ce à quoi on a cru et rêvé, nous réunit encore et qu'on va continuer à militer pour le réaliser hors des structures partisanes: Une autre Tunisie est plus-que possible; une Tunisie Juste, libre et démocratique; une Tunisie avant-gardiste, guide à tous les peuples pour la libération, et ce maintenant plus-que jamais.
J'assure que malgré ma démission du parti, je tiens encore à militer depuis mon poste de journaliste libre et indépendant pour mes croyances, je continuerais à défendre ce peuple auquel j'ai cru quand certains de ses enfants l'ont nié; je déclare enfin que je tiens à l'amitié de tout militant que j'ai connu lors des années de plomb, à tout arbre qui ne s'est pas plié sous le joug de la dictature, à tout souffle pur qui m'a inspiré un peu d'espoir pour continuer la route tortueuse, à tous ceux qui ont partagé avec moi ce rêve cher à nos cœurs, à tous ceux qui ont partagé avec moi la matraque de la répression, à tous ceux qui ont partagé avec moi les idées et idéos, à tous ceux qui qui ont partagé avec moi le chemin, à tous ceux qui m'ont appris quelque chose et auxquels j'ai apporté quelque savoir, à tous ceux qui ont bâti avec moi et détruit avec moi... à ma famille et ma tribu dans le militantisme... à ceux-là je m'excuse
Moez Elbey